On a toutes vécu ce moment. Une heure libre qui s’ouvre par hasard dans la journée, et au lieu d’en profiter, on se retrouve à faire quelque chose d’utile. Répondre à un message, avancer sur une to-do list, faire la lessive, préparer le repas de demain. On a l’impression que se poser — vraiment se poser — ça ressemble trop à du temps gaspillé.
Cette culpabilité de prendre du temps pour soi, on la connaît presque toutes. Elle s’installe discrètement, sans qu’on lui ait demandé. Et elle nous coûte bien plus qu’on ne le croit.
Prendre soin de soi : par où commencer ?
On le sait théoriquement. Prendre soin de soi c’est important pour son bien-être. Mais quand on est au milieu du quotidien, entre les responsabilités, la fatigue et la culpabilité, savoir par où commencer c’est une autre histoire. La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de bonne façon de commencer. Il y a juste commencer.
Se poser une seule question
Avant de chercher le rituel parfait ou la routine idéale, on peut se poser une question simple : qu’est-ce qui me ferait du bien là, maintenant, avec ce que j’ai ? Pas dans une semaine. Pas quand les enfants seront grands. Maintenant. La réponse est souvent plus simple qu’on ne le croit et plus accessible qu’on ne l’imagine…
Identifier ce qui nous ressource vraiment
On confond souvent se distraire et se ressourcer. Scroller sur son téléphone c’est une distraction. Regarder une série pour décompresser c’est une distraction. Ce n’est pas mal, mais ça ne recharge pas vraiment les batteries. Se ressourcer c’est différent : c’est une activité qui nous rend à nous-mêmes. Pour certaines c’est le mouvement, pour d’autres le silence, la nature, la création, la lecture. L’enjeu c’est d’apprendre à faire la différence et de choisir consciemment. J’ai d’ailleurs écris un article à ce propos avec un super exercice à faire.
Pourquoi on culpabilise autant de prendre du temps pour soi ?
On ne naît pas coupable de se reposer. On l’apprend. Depuis toujours, on nous a transmis, souvent sans le dire explicitement, que la valeur d’une femme se mesure à ce qu’elle donne. À sa famille, à son job, à ses proches. Prendre du temps pour soi, dans cette logique-là, c’est en prendre aux autres. Et ça, ça ressemble à de l’égoïsme. Alors on s’oublie. On reporte. On se dit « plus tard, quand j’aurai le temps ». Sauf que ce moment n’arrive jamais vraiment, parce qu’il y a toujours quelque chose de plus urgent, de plus utile, de plus justifiable.
Ce mécanisme est tellement intégré qu’on ne le voit même plus. On culpabilise d’aller se promener seule,de lire pendant que la maison n’est pas rangée,de dire non à quelqu’un pour se dire oui à soi-même. On se culpabilise de ne pas passer tout son temps avec ses enfants.
Et si cette culpabilité n’était pas un signe qu’on fait quelque chose de mal, mais plutôt le signe qu’on a été conditionnées à passer en dernier ?
Est-ce vraiment sain de prendre du temps pour soi ?
La réponse courte : oui. Profondément, essentiellement oui.
Mais on va aller un peu plus loin que ça, parce que « c’est bon pour ta santé » ne suffit pas à faire taire la culpabilité. Prendre du temps pour soi ce n’est pas un luxe qu’on s’accorde quand tout le reste est réglé. C’est une condition pour que tout le reste fonctionne, c’est un droit. On ne peut pas donner de l’énergie qu’on n’a pas. On ne peut pas être présente pour les autres quand on est vide à l’intérieur. On ne peut pas rayonner quand on tourne à vide depuis des semaines. Je reprends toujours l’image du masque à oxygène dans les avions. Il est bien écrit de d’abord mettre son masque avant de le mettre à son enfant, on ne peut pas s’occuper de quelqu’un si on est soi-même à court d’oxygène.
Ce qu’on observe chez les femmes qui s’accordent régulièrement des moments pour elles, même courts, même imparfaits, c’est une qualité de présence différente. Moins de réactivité, moins d’irritabilité, moins de ce sentiment diffus d’être à bout. Non pas parce qu’elles ont résolu tous leurs problèmes. Mais parce qu’elles ont arrêté de se mettre en dernier sur leur propre liste.
Se ressourcer ce n’est pas s’isoler du monde. C’est revenir au monde avec quelque chose à donner.
Concrètement, comment prendre du temps pour soi sans attendre d’en avoir ?
C’est souvent là que ça coince. Pas par manque de bonne volonté, mais parce qu’on attend les conditions parfaites. Une journée entière libre. Un week-end sans enfants. Une période moins chargée au travail. Et cette période idéale n’arrive jamais vraiment. La vérité c’est que le temps pour soi ne se trouve pas, il se crée. Dans les interstices du quotidien, dans les petits choix qu’on fait chaque jour.
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Se ressourcer au quotidien : les petits gestes qui changent tout
Se ressourcer ne demande pas toujours du temps, de l’argent ou une organisation particulière. Ça demande surtout une chose : de l’intention. Décider que ce moment compte, même s’il est court, même s’il est imparfait.
Des rituels simples, sans budget ni organisation
Voici quelques pistes concrètes pour commencer :
- Traiter son temps comme un rendez-vous
On annule rarement un rendez-vous chez le médecin. Alors pourquoi annule-t-on si facilement le temps qu’on s’est réservé ? Bloquer un créneau dans son agenda, même 30 minutes, et le traiter comme non négociable change tout. - Commencer petit et sans pression
Pas besoin d’une retraite de trois jours pour commencer à se retrouver. Une marche sans téléphone. Un bain sans se dépêcher. Un café bu chaud, assis, sans rien faire d’autre. Ces micro-moments comptent vraiment. - Créer un rituel ancré dans la journée
Un rituel ce n’est pas une routine de plus à tenir. C’est un signal qu’on envoie à son corps et à son esprit: « là, c’est pour moi ». Ça peut être cinq minutes d’étirements au lever, une tisane bue en silence avant que la maison se réveille, ou dix minutes de lecture avant d’éteindre la lumière. La régularité prime sur la durée. - Couper volontairement les écrans
On sous-estime à quel point le temps passé à scroller nous vide sans nous ressourcer. Je sais, c’est super difficile!! Mais, remplacer même 15 minutes d’écran par quelque chose qui nourrit vraiment (un livre, un carnet, une musique écoutée les yeux fermés) c’est déjà un acte de soin envers soi. - Sortir seule, sans destination précise
Une marche sans objectif, sans podcast, sans liste de courses à faire mentalement. Juste marcher, regarder, respirer. C’est une des façons les plus simples et les plus puissantes de se retrouver, et pourtant c’est celle qu’on s’accorde le moins facilement. - Cuisiner pour soi avec intention
Pas pour nourrir tout le monde. Pour se faire plaisir à soi. Préparer un plat qu’on aime, prendre le temps de le dresser joliment, manger sans distractions. Un repas peut devenir un vrai moment de soin quand on lui en donne la permission. - Prendre un bain ou une douche autrement
On se douche souvent en mode automatique, tête ailleurs, déjà dans la prochaine tâche. Et si on en faisait un vrai moment ? Une bougie allumée, une huile qu’on aime, la musique qu’on choisit, un petit scrub juste avant. Rien ne change dans le quotidien, sauf l’intention qu’on y met. - S’asseoir dehors sans rien faire
Pas marcher, pas écouter, pas téléphoner. Juste s’asseoir dans un jardin, sur un banc, sur les marches de chez soi et laisser le monde tourner sans y participer cinq minutes. C’est inconfortable au début. Et puis ça fait un bien fou. - Tenir un carnet, même deux lignes
Pas un journal intime élaboré. Juste poser quelques mots le soir ce qui a été bien, ce qu’on a ressenti, ce dont on a envie. Écrire pour soi, sans relire, sans juger. C’est une façon de se rencontrer soi-même à la fin de la journée. - Apprendre à reconnaître ses signaux d’épuisement
Irritabilité, envie de tout contrôler, sentiment d’être à bout sans raison apparente, ce sont souvent les premiers signes qu’on a besoin de se recentrer. Plus on apprend à les reconnaître tôt, moins on attend d’être à plat pour réagir.
Prendre du temps pour soi sans culpabiliser, ça ne s’apprend pas du jour au lendemain. C’est un muscle qu’on développe doucement, à force de petits choix répétés. À force de se choisir, même imparfaitement.
Se choisir, encore et encore
Ce qu’on sait avec certitude, c’est que les femmes qui s’y mettent ne le regrettent jamais. Pas parce que leur vie devient soudainement plus simple. Mais parce qu’elles se retrouvent et que ça change tout.
Si tu sens que tu as besoin d’aller plus loin que cet article, de t’offrir une vraie journée entière dédiée à toi, loin du quotidien et de ses injonctions, c’est exactement ce que je propose avec les Journées Retour à Soi. Une journée pour ralentir, se reconnecter à soi, respirer, entourée d’autres femmes qui se ressemblent. Check ici les prochaines éditions. Les places sont limitées alors ne traine pas pour bloquer la tienne!








